La Louve et Oscar Wilde


Dans le prolongement d’ « Henri IV » qui fut si remarquable dans son propos, son découpage scénique et ses reparties, Daniel Colas reprend à nouveau avec « La Louve » un sujet historique : mère du futur François 1er, Louise de Savoie ne cesse d’intriguer pour que son fils puisse monter sur le trône de France qui pourrait lui échapper.
Ruses et stratagèmes sont prétextes à illustrer ce long plaidoyer pour justifier l’ambition de l’amour maternel.
Si l’on se réjouit d’entendre, toujours chez Daniel Colas, une belle prose servie par une langue choisie et brillante, on regrette l’absence d’un certain allant qui faisait tout l’esprit d’ « Henri IV ».
La mise en scène parfois statique de l’auteur donne à un plateau néanmoins homogène l’occasion d’un excellent faire-valoir permettant à Béatrice Agenin d’imposer son immense métier. Voilà une comédienne héritière de la plus belle tradition théâtrale et que l’on s’enthousiasme à écouter grâce à une diction et une aisance parfaites.

 

Que dire du « Portrait de Dorian Gray », sinon que c’est toujours un bonheur d’entendre ce texte inusable d’Oscar Wilde ? Ce spectacle très soigné par la qualité de ses interprètes et la mise en scène subtile de Thomas Le Douarec renoue avec cette coutume souvent perdue aujourd’hui d’offrir aussi visuellement un enchantement
auquel les merveilleux costumes apportent beaucoup. Élégance, distinction, réflexion, autant d’atouts qui font de ce « Portrait » un grand moment de théâtre.
Edouard EXERJEAN ■
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La Louve au Théâtre La Bruyère
Le Portrait de Dorian Gray au
Studio des Champs-Elysées

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