Critiques


 

Gilles MACASSAR, Télérama

EN COURS DE MUSIQUE De Marie-Claude TREILHOU avec Edouard EXERJEAN

« Le monde n’existe plus, on est dans la merveille », s’exclame le pianiste Edouard Exerjean – presque l’anagramme de « j’exagère ». Il n’en rajoute pourtant pas, notre intrépide pédagogue du Conservatoire Maurice-Ravel, dans le 13ème arrondissement de Paris, tant la séance de musique de chambre qu’il dirige autour d’un lied de Schubert, « Le Pâtre sur le Rocher », est paradisiaque.
L’élève assis au clavier est un roc, d’une stabilité imperturbable, la soprano, timbre un peu vert mais pur, est toute sensibilité, le clarinettiste possède un legato inépuisable. La caméra poétique de Marie-Claude Treilhou a vite repéré le bon témoin de ce moment de grâce : le regard éperdu d’émotion et de rêve du jeune Paul Foglierini, qui est entré subrepticement dans le studio de répétition et attend son tour pour travailler une mazurka de Chopin.

Si toutes les classes de conservatoires d’arrondissement respiraient la même ferveur, affichaient la même culture, le même refus de la routine et de la médiocrité ! La générosité, la richesse de référence, la puissance d’évocation de l’enseignement d’Edouard Exerjean, outre sa disponibilité infatigable, sont magnifiques.

Gilles MACASSAR – TELERAMA n° 2742 du 31 Juillet 2002

Benjamin ESDRAFFO, La Lettre du Cinéma Mars 1999

En cours de Musique est un documentaire d’une drôlerie et d’une humanité rares. Il réunit une somme de notations quotidiennes et inspirées, faisant défiler sous nos yeux de jeunes élèves ayant pour unique point commun leur professeur de piano, Edouard Exerjean.

Celui que les élèves nomment – avec un respect non excessivement craintif- « M. Exerjean »est un personnage de cinéma à part entière. Loin des apparats que lui conférait autrefois sa fonction, c’est un « maître de musique » comme on en rencontre peu: versant de la colère à l’enthousiasme, de la sévérité à la béatitude, de l’ironie à l’extravagance. Sans doute est-il l’homme d’un autre temps, sous les habits d’une respectabilité toute contemporaine. Un spectacle à lui tout seul lorsqu’il chantonne, se balance, applaudit, s’emporte ou mime la chevauchée fantastique. Edouard Exerjean est la première grande idée de ce film, sa clé de voûte, et son inquiétante humanité semble avoir le don de se propager autour de lui.

Benjamin ESDRAFFO – La Lettre du Cinéma Mars 1999

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *