Orchestre de Paris


 Inoubliable concert  de l’Orchestre de Paris 

Si concert peut être visuel, celui de l’Orchestre de Paris triomphant avec le pianiste cubain Jorge Luis Prats sous la direction de Yutaka Sado en a donné une évidente et jubilatoire  démonstration.

Au programme, trois compositeurs  – Jacques Ibert, Gershwin et Stravinski – avec des œuvres marquées du sceau de la couleur et du rythme.

Heureuse initiative d’avoir offert « Escales » de Jacques Ibert : en trois mouvements évoquant Rome, Tunis et Valencia, il dessine le portrait de trois villes  en des pages aussi brillantes que sensibles, privilégiant les instruments à vent dont les magnifiques interventions du flûtiste Vicens Prats et du hautboïste Michel Bénet  sous la direction si enjouée et descriptive du chef japonais Yutaka Sado.

En choisissant le Concerto en fa de Gershwin, le jovial Jorge Luis Prats s’est imposé par sa truculence et sa virtuosité. Les rythmes  endiablés de la partition à la connotation si souvent hollywoodienne  au sens le plus noble du mot ont trouvé en lui l’interprète idéal. L’écouter, c’est partager un moment rare de bonheur.  Chef et soliste ont porté  l’œuvre  au sommet. Enfin l’inusable «Petrouchka»  de Stravinski a résonné de ses sonorités rutilantes  emportées par un chef à la gestuelle électrisante. Avec autant de sobriété que de mouvance, Yutaka Sado a galvanisé l’orchestre et le public, mimant cette histoire de marionnettes  comme issue du théâtre No et la théâtralisant dans sa projection musicale. Ce concert enthousiasmant  a mis en valeur un Orchestre de Paris dont l’excellence n’a eu d’égal que le plaisir intense de jouer.    

 

                                                                                                  Edouard Exerjean